18 juin 2006

Petit panorama des éventails japonais

Parrainé par www.LaBoutiqueJaponaise.com

Les éventails, probablement utilisés au Japon depuis les temps les plus reculés, et certainement depuis l'introduction du bouddhisme, devinrent rapidement un article de telle nécessité qu'ils furent bientôt typiques, tout au moins pour les Occidentaux, de la civilisation japonaise. Leur usage est répandu dans toutes les classes de la société, depuis le shibu_uchiwa qui sert à attiser les braises dans la cuisine (et symbolique du kami de la pauvreté, Bimbô-gami) jusqu'au gumpai-uchiwa de métal utilisé par les chefs de guerre pour diriger leurs troupes. Prêtres shintô, religieux bouddhistes, acteurs de Nô, musiciens, arbitres de Sumô, il n'est pas une catégorie de personnes qui ne les utilise quotidiennement. On distingue deux sortes d'éventails, ceux qui ne sont pas pliants, appelés uchiwa, et les pliants, appelés ôgi. Les plus anciens uchiwa étaient en bois et décorés parfois de peintures. Puis on les fabriqua en cuir laqué et enfin en papier tendu sur de fines lamelles de bambou qui, réunies à leur base, formaient le manche. Ils affectaient des formes diverses, carrées, arrondies, rondes, etc. Leur forme se prêtant à la décoration, ils furent souvent utilisés comme support par les peintres, ainsi que par les calligraphes, surtout pendant la période de Heian (794-1185).

Les ôgi, d'abord utilisés par les hommes, furent à l'origine constitués par des plaquettes de bois reliées entre elles (hi-ôgi). Ils s'allégèrent par la suite et furent alors réalisés en papier ou tissu collé sur de fines lamelles de bois ou d'ivoire. Certains éventails étaient si beaux qu'on imagina de les décoller pour en décorer des paravents (byôbu). La forme de ces ôgi inspira également des peintres qui réalisèrent des tableaux imitant leur forme. Ils servirent également de support tout comme les uchiwa, à la calligraphie de poèmes ou de sûtra bouddhiques. D'autres inspirèrent aux aristocrates oisifs des jeux comme le tosenkyô ou encore l'ôgi-nagashi.

A partir de l'époque d'Edo (1600-1868), les éventails furent souvent utilisés à des fins publicitaires. Encore de nos jours, restaurants et boutiques offrent des éventails, uchiwa ou ôgi, marqués de leur nom et adresse. Des temples se sont fait une spécialité de vendre à leurs dévots des charmes (mamori) en forme d'éventails, comme les hôsen gravés de caractères sanskrits du Tôshôdai-ji de Nara, par exemple. En 1701, la vogue des éventails décorés atteignit un tel point, certains valant des fortunes, que le shôgunat promulgua un édit pour interdire la fabrication et l'usage des éventails trop coûteux.

La fabrication d'un ôgi commence par le pliage en accordéon des feuilles à l'aide d'un solide guide en papier imperméabilisé avant leur mise sous presse. Les feuilles recto et verso sont ensuite contrecollées avant que soit introduit le faisceau de tiges déjà montées en éventails. Chaque membrure se compose d'une partie visible, de largeur constante, et d'une partie qui va en s'effilant, sous le papier. Les maîtres-brins s'appellent oya-hone ; il sont légèrement incurvés en dedans pour tenir les autres nervures bien serrées, quand l'éventail est fermé. Tous les brins sont réunis par un petit morceau de tube rivé sur ses deux extrémités par des rondelles métalliques : c'est le kaname, l'« oeil de crabe ». Une trentaine d'opération sont nécessaires pour fabriquer un éventail de qualité.

Article extrait de :

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09 juin 2006

Panorama de la littérature japonaise moderne

Longtemps la littérature japonaise, faute de traductions, a échappé aux lecteurs français. De nos jours, les bonnes librairies possèdent un rayon de littérature japonaise plus ou moins étoffé et le lecteur peut s'immerger dans cette culture et ce pays lointain.

Tout au long du XXe siècle le Japon fut en équilibre entre deux univers, d'un côté sa propre culture et ses traditions ancestrales, de l'autre la tentation de l'Occident et de la super-industrialisation. Grâce ou à cause de ce choc, la littérature japonaise a abordé tous les genres et tous les styles. Elle a donné naissance à de très grands auteurs dont les oeuvres, traduites dans le monde entier, ont atteint une portée universelle.

Il y eut plus mouvements pendant le siècle : nous pouvons parler de l'immédiat après-guerre, qui voit apparaître une littérature de témoignage plus ou moins romancée ("Les feux" de Ooka ou "Pluie noire" de Ibuse).

Après cette période trouble, le traumatisme a continué d'inspirer de nombreux auteurs ("La femme des sables" de Kôbô, "La fille que j'ai abandonné" de Endo, "La femme de Villon" de Dazai). Le choc des cultures fut vécu dans son intégralité par Yukio Mishima ("Confession d'un masque"), fervent défenseur des traditions de son pays, qui se donna la mort.

Le malaise social actuel et l'esprit de révolte sont aussi un sujet de prédilection pour certains auteurs ("Le Cap" de Nakagami, "Haut le coeur" de Takami, "Les bébés de la consigne automatique" de Murakami) tant masculins que féminins ("Kaé ou les deux rivales" de Ariyoshi, "Kitchen" de Yoshimoto). Pour échapper aux difficultés, certains auteurs ont préférés ancrer leurs romans dans un monde où le réel se fond dans l'imaginaire ("Je suis un chat" de Soseki, "La course au mouton sauvage" de Murakami).

N'oublions pas non plus les charmes de l'Orient : les plus grands auteurs du pays ont décrit cette volupté avec délicatesse ("Les belles endormies" de Kawabata), ou en mettant l'accent sur la primauté du désir et les dangers de la sujétion amoureuse ("Le journal d'un vieux fou" de Tanizaki, "Le fusil de chasse" d'Inoué).

Libre à vous de découvrir, de compléter, cette sélection et de faire partager autour de vous cette littérature passionnante, variée et envoûtante, à la fois si proche et si lointaine de notre culture.

Liens utiles :

02 mai 2006

Le Japon d'Edo

Geisha et samouraï : une image traditionnelle du Japon d'Edo. Mais au-delà des stéréotypes, il vonceint de découvrir les transformations qui caractérisent la socété nippone entre le xvii et le xix siècle : la naissance d'une vie urbaine, l'ouverture sur le monde, les innovations dans les sciences, les techniques et les arts... L'histoire d'un bouillonnement culturel sans précédent, ou comment une pérdiode dite féodale s'avéra le creuset du Japon moderne.

Les Guides Belles Lettres des Civilisations proposent un voyage dans le temps et l'espace et s'adressent aux étudiants, aux curieux d'histoire et de civilisations, aux voyageurs... Ouvrages pratiques et raisonnés de culture générale sur les principales civilisations anciennes qui nous ont laissé une trace écrite, ils proposent au lecteur les clés nécessaires pour comprendre un texte ancien ou un livre d'histoire, ils l'aident à en déchiffrer les allusions, à en élucider les difficultés.

Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons : soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir directement à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise. Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. Et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite, d'amorcer une recherche plus approfondie.

Les Guides Belles Lettres des Civilisations, ne sont pas des dictionnaires. Toute information recherchée s'y trouve replacée dans le contexte des mentalités de chacune des civilisations étudiées. Car il n'est pas possible de comprendre un événement, une loi morale ou le cartactère d'un personnage si rien n'est restitué des valeurs qui les justifient.

L'essentiel de la table des matières :

  • L'histoire, vers la domination des guerriers
  • L'espace japonais, Edo et les fiefs
  • La société
  • L'organisation politique
  • La vie économique
  • Les japonais
  • Le temps
  • Les croyances, la vie religieuse
  • Les lettres et les sciences
  • Les voies, Dô, et les arts
  • Les loisirs
  • Vie privée

07 avril 2006

Le monastère de l'aube

Le parcours initiatique d'un moine bouddhiste japonais, du mont Koya, siège de l'école ésotérique Shingon, jusqu'à l'Himalaya pendant la seconde moitié du XIXe siècle qui marque pour le Japon l'effondrement de la société féodale, l'ouverture au monde extérieurs et les débuts du modernisme.

Rêvant de retrouver l'enseignement authentique prêché par le Bouddha, le jeune Mitsudô quitte son monastère et se trouve pris dans les remous qui agitent la capitale, Kyoto, plongée dans la guerre civile. Les partisans de l'empereur et du maintien de l'isolement s'opposent en effet aux alliés du shogun, déterminés à ouvrir à l'influence étrangère un pays fermé depuis 250 ans. Les persécutions qui frappent le monde bouddhiste au début de l'ère Meiji l'amèneront à quitter le Japon, et sa quête spirituelle l'entraînera en compangie d'un moine tibétain rencontré en Inde, jusqu'au Népal, où une danseuse sacrée l'initiera au symbolisme tantrique. Il poursuivra son voyage en direction du Tibet puis retournera au Japon douze ans plus tard, pour découvrir avec désillusion, une société radicalement transformée et déjà sur la voie des errements nationalistes de la première moitié du XXe siècle...

Le monastère de l'aube est le premier roman de Corinne Atlan (traductrice de plus de 35 romans japonais) - aux éditions Albin Michel.

21 mars 2006

Manekineko, le chat porte bonheur

Maneki-neko (招き猫) ou chat porte-bonheur désigne une statue traditionnelle japonaise en céramique représentant un chat assis et levant la patte au niveau de l'oreille, et que l'on trouve fréquemment sur les devantures des magasins (ou près des caisses dans les centres commerciaux).

Maneki (招き) vient du verbe maneku (招く) qui en japonais signifie, inviter (dans le sens de faire venir) ou saluer. Neko () est le chat. Il s'agit donc littéralement du « chat qui invite ». La tradition veut qu'on mette un de ces chats levant la patte dans les magasins pour attirer la fortune (pécuniaire). La patte levée varie selon que le chat est supposé attirer le client ou le faire dépenser plus d'argent dans le magasin. Il existe ainsi des chats levant les deux pattes.

Il existe plusieurs versions sur l'origine de cette tradition, en voici une :
Un groupe de samouraïs passait devant un temple sur le parvis duquel se prélassait un chat. Alors que les samouraïs s'arrêtaient pour regarder le chat, ce dernier, assis sur son séant, les « salua » en levant sa patte à son oreille. Intrigués, les samouraïs s'approchèrent du chat. C'est alors que la foudre tomba exactement là où ils se seraient tenus s'ils n'avaient dévié leur route pour répondre au salut du chat. Très reconnaissants, ils firent des dons au temple une fois devenus riches.

Article publié dans Wikipedia

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13 mars 2006

Penseurs japonais, dialogues du commencement

Penseurs japonais, dialogues du commencement. Recueil de dialogues de Yann Kassile. Aux éditions de l'éclat

« Nous, Occidentaux, que connaissons-nous de la pensée actuelle au Japon? Savons-nous qui sont les penseurs contemporains japonais, ce qu’ils pensent?De quelle manière intègrent-ils l’histoire des idées de la civilisation occidentale et celle de la civilisation japonaise? avec quel art, en eux, confrontent-ils et vivent-ils ces deux héritages?Il n’y avait jamais eu en Europe jusqu’à ce jour d’ouvrage faisant parler les penseurs japonais sur cette question. À ce manque répond ce livre.D’un voyage au Japon sont rapportés vingt-deux dialogues avec des philosophes, psychiatres, poètes. » Y.K.


Introduction : Nos regards et nos pensées sont faits de notre histoire. Que nous en ayons conscience ou non, Occidentaux, nous voyons le monde avec les yeux de Platon, Aristote, Epicure, Descartes, Spinoza, Rousseau, Hegel, Nietzsche et de tous ceux qui ont modelé notre histoire des idées. Nous le voyons aussi avec les yeux de Claude Lorrain, Rembrandt, David, Delacroix et de tous les grands peintres. Les idées et les visions traversent les individus. Nous regardons, pensons, ressentons les choses et les situations en étant traversés par cette histoire des idées et des visions.

Mais comment un penseur japonais intègre-t-il cette histoire occidentale des idées à celle de la civilisation japonaise et plus largement asiatique dans laquelle son développement intellectuel, affectif, perceptif, a pris racine? Avec quel art confronte-t-il ces deux histoires et les fait-il vivre en lui?

Telle était l’enquête que Jean d’Istria partit mener durant une demi-année au Japon avec l’objectif d’en faire un film. Il mena ainsi une expérience de dialogue avec une vingtaine de gens de pensée japonais, professeurs, philosophes, psychiatres, poètes.

Il avait établi ce constat premier: «La philosophie au Japon. Quasiment aucun livre, et strictement pas le moindre documentaire n’existe en français pour nous indiquer ce qu’il en est de la pensée actuelle au Japon; l’opinion cultivée européenne ne sait ni qui sont les penseurs japonais contemporains, ni, encore moins, ce qu’ils pensent, ni même s’il y en a. Il y a là une carence, un manquement, que le film que je projette contribuera, à sa manière, à réduire un peu.»

Ce qui l’intéressait était d’approcher et de faire connaître d’autres points de vue – des points de vue issus d’une autre histoire des idées – sur quelques-unes des questions essentielles de la philosophie. Il voulait entendre ce que pensent des penseurs, ignorés en Occident, sur la question de savoir par quoi l’on commence dans la pensée lorsqu’on décide de penser vraiment. Il voulait les entendre sur quelques-unes de ces questions centrales de la philosophie: sur le temps, l’infini, l’éternité; sur la réalité, sur la meilleure existence possible, sur la mort; sur le progrès, la rationalité; sur la pratique même de la pensée, sur ses exigences premières. Evidemment, aucune intention d’exhaustivité n’avait lieu d’être. Mais simplement, il avait l’ambition de «donner une idée», de lever un voile, de dé-couvrir le fait qu’il existe des penseurs japonais, de véritables penseurs originaux que la culture européenne néglige, de montrer ces penseurs, et, en quelque sorte, de les montrer en acte.

Il supposait que la manière dont les penseurs japonais lisent les auteurs de la tradition philosophique occidentale pouvait être un apport. Il pressentait que ces penseurs, avec leur regard propre, pouvaient subtilement indiquer des points d’approche légèrement décalés par rapport à ceux auxquels la pensée occidentale est habituée par son histoire. Il voulait vérifier cette hypothèse, voir si ces points de vue pouvaient offrir effectivement des perspectives renouvelées.

En outre, les questions qu’il se posait, il voulait savoir en quels termes d’autres se les posaient, comment elles s’agencent et s’organisent pour eux.

Il voulait interroger ses interlocuteurs pour que soit transmise l’énergie qui les anime dans leur pensée. Les interroger donc sur des questions essentielles afin de recueillir non pas tant des réponses, mais des forces.

«Je n’ai plus qu’une occupation, me refaire.» D’Istria avait toujours cette phrase d’Artaud à l’esprit. Souterrainement, elle était connectée à toutes ses pensées et questions. Et elle le fut plus encore lors de son voyage au Japon.


Dialogues avec : Ishida Hidetaka, Minato Chihiro, Nishitani Osamu, Uno Kuniichi, Nakazawa Shinichi, Kayama Rika, Yoshimoto Takaaki, Kobayashi Yasuo, Shingu Kazushige, Ukai Satochi, Matsuba Shoichi, Yoshimasu Gozo,Yoneyama Masaru, Washida Kiyokazu, Fukui Atsushi, Matsuura Hisaki, Taga Shigeru.